Une couleur végétale ?

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Je n’aime pas les colorations chimiques


Mais entre nous, c’est surtout parce qu’elles ne m’aiment pas. Il y a celles qui sentent si fort l’ammoniaque que contrairement au manège d’Edith Piaff, elles ne font pas tourner la tête, elles lui font juste mal. Puis il y a les autres, qui n’abîment pas vraiment les cheveux  mais bon, qui ne les hydratent pas non plus. Et là, je n’évoque même pas la polémique sur l’utilisation de produits potentiellement cancérigènes dans les colorants capillaires chimiques.

Alors  j’ai voulu tester quelque chose de plus naturel.

Comme j’aime bien ma salle de bain, j’ai préféré lui épargner d’éventuelles taches de henné. Je suis donc allée chez le coiffeur avec une demande bien précise: une couleur aux jolis reflets mais 100% naturelle, pour gaîner le cheveu tout en le rendant plus lumineux.

Mais une coloration naturelle, c’est quoi ? Une coloration utilisant un produit végétal, réduit en poudre puis dilué avec de l’eau chaude pour application sous forme de masque. Le produit végétal le plus connu est le henné, petit arbuste épineux. On en retrouve toutefois d’autres chez Schwarzkopf dans sa gamme Igora Botanique ou chez Logona.

L’avantage ? On l’aura compris, au lieu d’abimer le cheveu, il le gaine comme un soin.

L’inconvénient ? Il ne décolore pas. Si vous rêver du blond Marylin alors que vous êtes brune, il vous faudra donc trouver une autre solution.

La surprise ? L’odeur. Si les teintures classiques ont souvent une odeur assez entêtante, les couleurs végétales sentent souvent, selon votre degré de poésie, la forêt luxuriante sous la pluie ou le poney. Personnellement, je préfère de très loin cette odeur-là à celle de l’ammoniaque. Après c’est une affaire de goût.

Modus Operendi: c’est un peu comme pour un thé entre copines: on a besoin d’eau chaude et d’un certain sens de la détente.
On commence donc par faire chauffer de l’eau et on y incorpore le produit, qui se présente sous forme de poudre. Plus l’eau est chaude plus le produit sera efficace.  On l’applique avec des gants pour éviter les mauvaise surprises mais sinon un peu comme on veux, c’est à dire pas forcément au pinceau. Ensuite on laisse poser, soit une heure sous une machine digne de films de science-fiction:

soit deux heures à l’air libre:

On en profite pour lire des magazines de fille, papoter et se détendre.
Puis on se fait un shampoing.

Et au final: cela donne une coloration jolie, naturelle dans tous les sens du terme, et souvent unique puisqu’elle dépend de votre couleur naturelle. Elle durera par contre un peu moins longtemps qu’une coloration classique (comptez deux mois maximum)

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Once upon a time in da tube

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Se lever. Avaler quelque chose en vérifiant sur son smartphone que la Galaxie ne s’est pas effondrée, recouvrir ses cernes de produit au fini poudré, prendre son sac, prendre le métro. Arriver au travail, s’installer devant son ordinateur et un café latte, enchaîner une journée qui passe en éclair entre dossiers à boucler et questions auxquelles répondre. Connaître son sujet, ou apprendre à.  Rire au déjeuner puis continuer. Regarder sa montre, se dépêcher un peu. Prendre le métro, faire la bise aux copines, aux autres aussi en fait. Se servir un verre, plaisanter, être un peu superficielle. Sourire encore, se plaire de sa vie simple. Prendre le métro.

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Et là, voir un SDF tomber sur le sol d’une râme, et voir comme au ralenti son voisin lui asséner un coup de pied dans la tête. Entendre distinctement « Lèves-toi au lieu d’être un déchet ».

C’est arrivé. Malheureusement, on l’imagine aisément, pas que ce soir là. Quatre personnes se sont levées. Trois femmes, et le mari d’une d’entre elles, pour lui dire « Chéri assieds-toi, je n’ai pas envie de problèmes ce soir ». Elle ne s’est pas rassise. Elle a parlé d’une douce voix de maman pour dire que « Non, on ne frappe pas, ce n’est pas bien de faire ça. On va s’asseoir et parler, d’accord ? ».

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Attendre que le métro arrive à la prochaine station. Descendre et courir en ballerine pour prévenir le conducteur parce que du haut de son mètre soixante-huit, un gift bag à la main et ses écouteurs sur les oreilles, on fait quoi dans ces moments-là ?

Et comprendre d’un coup que si les hommes ne se lèvent pas toujours, c’est peut-être aussi pour ça: parce qu’une femme a le droit d’aller chercher de l’aide, de parler doucement, parce qu’elle a une chance de pouvoir s’interposer calmement. Un homme nettement moins.

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Se rappeler que l’on a travaillé à la SNCF quand on était étudiante, demander de bloquer le métro,  un coup a projeté la tête de l’homme à l’endroit de la fermeture des portes. Encourager à appeler le Samu. Et entendre

« C’est bon, c’est un SDF, il a l’habitude. Qu’est-ce qu’on s’en moque ? C’est simplement gênant pour les gens qui, eux, travaillent. Il va y avoir du retard sur la ligne « 

Être choquée.

Avoir envie de hurler sur les toits que bordel, comment peut-on se regarder dans le miroir quand on pense que les gens n’ont pas le même droit à la vie et la santé en fonction de leur condition ? Que ne pas avoir de maison, qu’être malheureux, qu’avoir perdu son job n’implique pas que l’on a perdu un bout de son âme ou de son humanité.

Rester debout en attendant l’intervention de la RATP Sécurité.

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Avoir envie de dire merci à tous ces gens de l’ombre qui font des choses bien. Aux pompiers, aux secouristes, aux agents de sécurité, aux bénévoles des Restos du Coeur, et à ceux des autres associations humanitaires.

Parce qu’il n’y a pas d’âge ou de condition pour être malheureux et pour tomber sur le sol. Pas non plus pour aider à se relever.

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[ Photos: Getty Images. Deux sur trois représentant le tube londonien là où j'évoque le métro parisien, j'en ai conscience ]

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The story of Manon & la copine Lo’

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De manière périodique, il y a une femme qui réussit à provoquer chez moi une réaction inattendue. Ne mentez pas, mesdemoiselles, je suis sûre que vous aussi. C’est revenu il y a peu, au restaurant. Le chéri me parlait de Manon, une fille croisée à une soirée  et qui lui avait alors confié son manque de chance:  son fiancé ne la méritait pas ou du moins, n’était visiblement pas fait pour elle. Entre deux confidences elle avait ajouté qu’elle rêvait d’être avec avec un enseignant, quelqu’un de compréhensif et avec qui elle ait plein de choses à dire at first sight. Or il faut savoir que le chéri est justement enseignant, et qui plus est un enseignant passionné. Et là, au beau milieu de la conversation, ce sentiment étrange est revenu,  et j’ai lancé en plein milieu de notre déjeuner en amoureux au Patata Café: « oh regarde chéri la déco, c’est trop rigolo, il y a tous les noms de patates sur le mur: Belle de Fontenay, MANON, Pénélope … »

Au moins, ça l’a fait rire.

Mais pas la peine de nier, c’est un brin de jalousie passagère qui fait que quelque fois je dirais bien une vilainie affreuse sur une fille que je connais à peine. Surtout qu’avant la dite Manon au doux nom de patate, il y a eut K., Alexia, et puis surtout la copine Lo’.

La copine Lo’, c’était la plus ou moins ex du chéri, toujours célibataire. Celle au sujet de qui l’homme disait régulièrement qu’il ne comprenait pas comment une fille aussi mignonne, drôle et douée en tout pouvait ne pas trouver chaussure à son pied. Là où s’il avait été une copine, j’aurais enchaîné que les mecs ne comprennent rien, voilà tout. Sauf que lorsqu’il m’ a raconté comment elle pouvait réparer une fuite d’eau en un tours de main, je me suis rappelé qu’une fois sur deux, je manquais de me blesser avec l’aggrafeuse du bureau. Et que d’un coup, la copine Lo’ m’a ostensiblement énervé .

Or Lo’, je l’ai rencontrée un jour. J’étais fermement décidée à décréter qu’une fille aussi chouette ne pouvait être qu’une machiavélique hypocrite. Sauf que de fou rire en fou rire, j’ai réalisé qu’elle était douce, gentille, drôle, et finalement vraiment géniale. Et que Lo’, avant d’être la fille envers qui j’aurai bien fait preuve d’une mauvaise foi évidente, c’était celle que tout le monde aimerait avoir comme copine.

Et c’est comme ça qu’il y a peu, face à un gossip de plus d’un copain « Lo’ s’est disputée avec  Jean. Canon et baroudeuse, mais sûrement chiante non ? », l’homme m’a entendu répondre avant lui d’une voix déterminée « tu plaisantes ? elle est drôle et géniale. S’ils se sont disputés, c’est sûrement parce qu’il est d’une puérilité sans fonds ».

Il faut dire, j’ai de quoi être reconnaissante envers Lo. Elle m’a offert un très chouette cadeau: le fait de savoir que certes, on peut envier certaines filles et voir en elles tout ce que l’on n’arrive pas toujours à être. Ou alors voir à quel point elles sont justement merveilleuses.

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A toutes les Lo’, les Manon, celles qui les ont précédées, et celles qui les suivront peut-être:

Merci.

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[ Images: pour les illustrations Irina Tatarnikova, pour les photos, en haut le fameux Patata Café, en bas Vanessa Demouy en Lara Croft pour VSD en 1997 ]

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