Une fois n’est pas coutume j’avais booké une date pour une vente privée. LA vente que je ne voulais pas louper:
Il faut dire, j’ai une légère tendance à extrapoler un simple mot ou en l’espèce, une banderole. Et de celle ci-dessus; à imaginer ceci:
[ Photo: David Lachapelle pour Passionata]
voir ceci:
[ Photo: Passionata ]
On dira pour la postérité que c’est parce que les modèles et moi avons le même corps, voilà tout (et nous y croyons tous).
Mais forcément, en lieu de, je suis tombée sur ça:
Cela se passe de commentaires, je vous l’accorde.
J’ai un peu eu la même impression que quand adolescente on me parlait lingerie avant de me montrer les pages confort des 3 Suisses.
Si c’était un conte de fée, la jeune fille que je suis jurerais que promis, on ne l’y prendrait plus.
Mais forcément, je suis une fille têtue …
Alors j’ai fais comme en temps de guerre de soldes, j’ai remplacé « ventes privées » par « nouvelle collection ». Et ai rêvassé devant les nouveautés romantiques de la marque :
Parce que finalement, cela m’a permis de me rappeler que la moitié du plaisir du shopping,
c’est la découverte et l’imagination.
Un concept m’échappe quelque peu: celui de devoir donner un peu de son sang sans sauver des vies ni recevoir un jus d’orange amplement mérité par le héros que nous sommes tous. Pourtant, il a un nom: prise de sang. « Juste pour vérifier la glycémie et les risques en cas de grossesse ». Tout d’abord à tout ceux qui réagiraient comme une partie de mon entourage mi ému mi totalement bouleversé: NON je ne suis pas enceinte.
Mais cela ne m’a pas empêché de devoir hocher la tête face à l’explication du « à jeun« : « vous voulez dire avant le café ? ». Oui, avant. Au moment de la journée ou précisément je ne peux juste pas communiquer. Pas une question de mauvaise volonté, mais à cette heure là, mon vocabulaire est terriblement limité.
N’empêche que j’y suis allée.
« B’jour »
« Bonjour Madame. Je vois que vous venez pour une analyse de sang. Vous êtes bien à jeun de 12 Heures ? »
Là j’ai senti que j’aurais dû demander plus de précisions sur la notion de a jeun avant de prendre rendez-vous.Mais d’un autre coté qui est vraiment a jeun de douze heures un samedi matin à 9 heures tapantes ? Quelqu’un de malade.
Je ne culpabiliserais jamais d’être en bonne santé, c’est pourquoi j’ai menti comme une arracheuse de dents:
« 12 Heures ? Oh oui, au moins !!«
La jeune fille derrière moi a dû trouver l’idée assez bonne vu qu’elle aussi a répondu la même chose. Limite, quelle question ridicule, n’est-ce pas ? Sauf qu’elle était accompagnée d’un membre de sa HAP personnelle. Haute Autorité Parentale. Et pas des moindres: sa mère. Qui s’est sentie obligée de demander « à quelle heure ma poupoune tu as bu ton dernier verre hier, tu sais quand tu étais en boîte ? » » 19Heures 30, maman » répondit la jeune fille mortifiée. « Et les restes de repas que j’ai trouvé dans l’évier ce matin, c’était à quelle heure ? ». « 18 Heures, j’adore prendre un léger apéritif dinatoire … à base de hot-dogs et de restes de repas froids … ».
Le point positif c’est qu’à coté, j’avais l’air drôlement crédible, et que je pouvais lui lancer un regard mi-emprunt de compassion mi-hilare.
Certes, j’ai moins rigolé quand le médecin en charge de la prise de sang m’a demandé si je faisais de l’hypoglycémie, rapport à ma mine défaite « même vos cils paraissent moins longs que quand je vous croise au supermarché … ».
Vous vous demandez souvent où vont tous ces souvenirs ? Tous ces gens du passé ? Tous ces mots qui hurlent dans nos coeurs mais que à qui on n’a jamais eus l’occasion de rendre justice ?
Merci. Pardon. Tu n’imagines pas la place que tu as dans ma vie. Tu as changé ma vie. Tu crains. Tu es incroyable. Je t’aime, mais pas dans le vague, pour de vrai.
Je sais. Elles sont devenues ce petit sourire lorsque l’on entend une chanson qui nous rappelle toute une histoire, ou juste une réplique.
D.S. me gagnait toujours le niveau boss de Sonic sur Megadrive, parce qu’il n’y avait pas de sauvegarde, et parce que c’était déjà mon héros, et que j’allais à l’école primaire.
Au collège avec K.C. on s’échangeait les cassettes de Tryo sous les cartables, et on savait déjà que l’on serait des précurseurs. Et avec elle, quand on fumait, on essuyait nos mains dans les feuilles, persuadées de duper toutes les grandes personnes du monde., et on voulait des meubles en plastique rose.
Madame M, Monsieur D, et tant d’autres, c’étaient de chouettes profs, qui étaient patients même lorsque he me disais que je sécherais bien la gym.
La première fois que J.F. m’a embrassé j’ai cherché les papillons dans le ventre et les étoiles filantes dans le ciel. Je me suis souvent dit que malgré les causes officielles, si on ne s’était pas aimé c’était parce que je ne les avais pas trouvées, c’est tout.
Les cocktails Maï Taï après le lycée, c’était comme la bière à la place des devoirs: un indispensable pour la confiance en soi, le bonheur, la liberté. En plus j’avais eus les Puma que je voulais cette année là. Et « passe ton Bac d’abord », je tires la langue, on va à la fête de la musique, vous réalisez que vous êtes en train de construire votre avenir ?
L’école de commerce, les jeux dans la cours de récréation, la robe du soir, la vodka chez Y.B., j’ai séché les cours. Quelques vannes, des je t’aime aussi. Envie de dire merci. Oh tellement merci. Pour ce diplôme, ce stage génial, ces moments passés, ces souvenirs, cette élégance, merci, merci, merci.
J’ai failli dire à J.B. que je ne l’aimerais jamais sur « Lonely » d’Akon. Mais à cause de la chanson, j’ai attendu deux jours, et conclu par « et si on se faisait un McDo ? ca n’empêche pas de passer de chouettes soirées ensemble non ? ». Bon, en fait si, mais chut, ce n’est pas grave.
Autant larmes que de fou-rires dans le métro. Des mini mondes en cinq stations. Des inconnus et des rêveries aussi.
Et Paris, et J.P., qui l’aimait au moins autant que moi. Le chemin du retours le matin à 5Heures était définitivement le meilleur moment des soirées en boîte. Et la neige un premier Janvier, tu as déjà vu ça toi aussi ? Prenons une photo. Pas pour le souvenir, juste pour le sourire.
Les sourires qui dérapent. Envie découvrir le monde entier même si je ne savais toujours pas me repérer dans Paris.
Cet entretien d’embauche où j’avais ri en chemisier bleu nuit. Les coups de coeurs professionnels existent aussi.
Et surtout tout ces gens dont les initiales ne sont pas citées, parce qu’ils font partie du présent et pour un petit bout de temps encore je le souhaite. Parce qu’ils m’accompagnent dans une multitude du moment du quotidien, parce que je les aime.
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Alors oui, ça y est, j’ai trouvé où tout les moments du quotidien là allaient.
Et où les vôtres virevoltaient aussi. Dans cette petite fossette juste au coin de ton sourire.
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‘Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme » [Lavoisier] Et se magnifie aussi.