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[ Image: Galileo ]

Je devais prendre l’avion. En marchant vite pour ne pas risquer de le rater malgré mes deux heures d’avance, en faisant cahoter ma valise rouge et mes deux sacs contre ma jambe, puis mon bras, puis ma hanche. Tout un petit valdingue.

Le fait de prendre l’avion aussi en était un. Parce que partir au bout d’un monde, que ce soit le sien ou le terrestre, c’est toujours un bouleversement d’émotions.

La nostalgie des habitudes, comme celle d’aller au restaurant le dimanche soir. Ce n’est pas une coutume formelle, pas comme sortir le samedi soir. On sait que l’on se verra samedi, à dix-neuf heures trente, peut-être vingt heures si j’ai des courses à faire. Mais le dimanche soir c’est autre chose. Parce que ce soir-là personne n’a prévu de se voir. A la rigueur on se promet un café à l’heure du gouter, ou un déjeuner dominical qui se prolonge. Mais rien de plus, car un peu de sérieux, il n’existe aucune obligation sociale le dimanche soir à part celle de se reposer. Alors l’un de nous propose machinalement de sortir un peu. On commence à avoir faim et les courses faites la veille sont déjà oubliées, alors pourquoi pas se restaurer dans la brasserie du bas de la rue de l’Espérance ? J’adore cette brasserie. Elle est décorée de chapiteaux, mais surtout ce que j’y apprécie c’est que peu importe que le serveur mette des heures  à servir ma crème brulée: le dimanche soir dans son restaurant, c’est un petit bout de week-end de plus de volé.

En y repensant et en cherchant à l’intérieur du bus une place assez peu périlleuse pour me maintenir debout jusqu’au terminal Ouest, je me suis surprise à sourire. Évidemment j’adore ma vie. Mon petit quotidien que j’essaye de façonner au maximum à mon image. Même si on ne peut pas coller des vignettes roses sur chaque détail du quotidien.

Et forcément, je savais déjà qu’en descendant de l’avion, sur le chemin du retours vers le lieu que j’appelle ma maison, j’aurais cette lâcheté courageuse de vouloir remonter à bord et de tout abandonner. Ceux et ce qui fatiguent plus que de raison mais sans sourire ni soupirs. Le quotidien et ses petitesses.

[ Image: Sex and the City ]

Alors je rejouerai à. Car j’adore jouer à. La règle en est très simple en plus. Il suffit comme son nom l’indique de s’amuser à faire différemment ce qui anime le quotidien. Aux parisiens je conseillerai de jouer à découvrir la ville avec l’être aimé. De parler quelque peu anglais, mais de dire “Is it the scene ?” pour indiquer la Seine, parce que jouer à n’améliore malheureusement pas les mauvais accents anglais. Mais de s’en moquer car “I would like to tell you how much Je t’aime“. De prendre des dizaines de photos et de demander à quelqu’un de nous y aider. De jouer à courir et à sauter, parce que c’est tellement plus amusant que de marcher. Et d’être une étrangère qui découvre la plus belle capitale du monde, que l’on fasse une nouvelle fois référence au notre ou au terrestre.

[ Image: Paris je t'aime ]

Parce que la vie est belle. Et que c’est souvent le cas aux alentours d’un avion. Même si on est tous d’accord pour dire qu’une fois à l’intérieur, on attend impatiemment d’en descendre.

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